

746 kilomètres séparent Senones de Venise.
Se rendre à Venise en camping-car pour une escapade de quelques jours en
partant de Senones est donc tout à fait réalisable sans être
pour cela un avaleur forcené de bitume.
ITINERAIRE
La
quasi totalité de l'itinéraire se fait sur l'autoroute, dont une
partie à travers la Suisse et ses superbes paysages alpins. Cependant les
autoroutes suisses sont en perpétuels travaux et les autoroutes italiennes
sont surchargées et dangereuses.
- Au
kilomètre 37, le tunnel de Sainte-Marie est payant: 10 €uros
pour les camping-cars.
- Au
kilomètre 152, à la frontière suisse il faut s'acquitter
de la vignette pour un montant de 40 Fr suisse ou 30 €uros - 3,50 Fr suisse.
- Au
kilomètre 290, au retour il sera possible de s'arrêter à
la station "Gottard Raststätte" pour dormir dans un parking inaccessible
aux poids lourds.
- Au
kilomètre 350, juste après le tunnel du Gothard, on trouve
à l'aller une importante aire de service "Gottardo Sud", où
il est possible de passer la nuit dans des conditions sûres.
- Avant Milan, il existe deux péages autoroutiers: 1,5 €uros et 1€uro
(tarif identique aux voitures en Italie).
- Les
aires de service entre Milan et Venise ne présentent aucun agrément
pour y passer une nuit et il est préférable de les éviter.
- Au
kilomètre 732, un peu avant d'arriver à Venise, le tarif
du péage est de 12,50 €uros.
PARKING
A VENISE
Le
plus simple et le plus pratique, même si c'est la formule la plus chère,
est de stationner au parking du Tronchetto pour visiter Venise dans de bonnes
conditions: embarcadère du vaporetto à deux pas : ligne 82, N (de
nuit), DM (directe pour Murano) ou 4 (à certaines heures), possibilité
de rejoindre Venise ou de revenir au camping-car à pied par exemple lorsque
l'on s'attarde le soir dans la ville.
- Tarif
de parking: 21€uros les 12 premières heures, puis 16 €uros par
tranche de 12 heures.
- Pour
le vaporetto, il existe des billets touristiques pour 3 jours au tarif de 23 €uros
par personne.
Depuis
quelques années, le parking est équipé de robinets d'eau,
de prises électriques et d'un point de vidange des eaux usées permettant
des séjours prolongés.

Samedi
3 mai 2003: départ de Senones à 13h30.
Nous
empruntons le tunnel de Sainte-Marie rouvert à la circulation pour les moins de 3,5 tonnes. Les travaux réalisés récemment
ont fait flamber le prix du passage.
Avant
d'arriver à Mulhouse, plutôt que de suivre la direction Bâle,
il est plus facile d'obliquer vers l'Allemagne en suivant la direction Lörrach
et de traverser ainsi entièrement Bâle sur l'autoroute.
Le
tunnel du Gothard est très fluide dans notre sens, si bien que nous atteignons
la station "San gottardo sud" vers 18 heures.
La
ville de Milan se contourne par le nord pour se rendre à Venise et vers
20 heures la circulation est relativement facile sur l'autoroute.
Un
arrêt dans la seconde aire de service après Milan nous permet de
souper avant de reprendre la route pour Venise.

Nous
parvenons au parking du Tronchetto à 23h30. Beaucoup de camping-cars y
stationnent, mais nous trouvons un petit coin tranquille à son extrémité.
Dimanche 4 mai 2003.
Pour
atteindre le parking du Tronchetto, il faut franchir le grand pont de briques
rouges qui traverse les eaux et, du coup, il y a toujours un coté magique
à se réveiller au coeur de la lagune.

Ce
matin, le ciel est bleu et le thermomètre affiche 20 degrés à
8 heures. Inutile de sortir les pull-overs.
Le
programme de la journée, commence par la visite de l'Arsenal dans le quartier
de Castello. D'importants travaux sont en cours dans le Rio dell' Arsenale qui
est en partie asséché.
Tout
près se trouve la "Scuola san Giorgio degli Schiavioni", l'école
des Dalmates, richement décorée par Vittore Carpaccio, dont les
toiles exceptionnelles sont visibles dans la salle du rez de chaussée.
En
flânant un peu dans les calle et les campi, franchissant les canaux encombrés
de gondoles chargées de touristes (nous ne sommes plus très loin
de la place Saint-Marc), nous parvenons à l'église San Zaccaria
dont la façade de style lombard est un chef d'oeuvre de la renaissance
vénitienne. Au passage nous remarquons les nombreux drapeaux que les vénitiens
affichent sur leurs maisons avec un seul mot d'ordre: "PACE"
Midi
sonnant, nous nous arrêtons campo San Provolo au restaurant du même
nom. Nous choisissons le menu pescere à 19,50 €uros: En entrée,
moules vénitiennes (à la tomate) ou spaghetti vénitiens (aux
anchois), puis sèches sauce noire à la vénitienne accompagnées
de polenta et salade verte. Capuccino pour finir. Nous buvons un peu de vin blanc,
un Chardonnay Villa Palestro.
L'addition
est un peu chère, mais la cuisine était délicieuse.
Nous
retrouvons la foule sur la place Saint-Marc. Quelques emplettes dans le quartier
touristique de San Polo le long de la Ruga Vecchia nous prennent une bonne partie
de l'après-midi.
Le
traghetto ne fonctionnant pas le dimanche, il nous faut remonter vers le Rialto
pour regagner le quartier de San Marco et nous rendre à la Scala del Bovolo,
cet escalier si célèbre et si beau, blotti dans sa calle étroite
et sombre. Nous ne résistons pas au plaisir de l'escalader et de contempler
les toits de Venise depuis la terrasse qui le surplombe. Les Altana sont occupées
à cette époque ensoleillée de l'année et regorge de
plantes fleuries.
Nous
nous arrêtons sur le chemin du retour à l'église Santo Stefano,
connue pour son campanile et sa charpente en carène de navire inversée,
richement ouvragée mais en partie cachée par des travaux de restauration.
Dans la sacristie quelques oeuvres du Tintoret.
Lundi 5 mai 2003
Le
parking s'est vidé durant la soirée et au petit matin.
Il
ne reste que quelques véhicules disséminés sur l'immense
espace goudronné.
La
journée est consacrée à la visite de Murano. Nous prenons
vers 10h30 le vaporetto DM qui nous mène directement sur l'île en
une petite demi-heure.
Murano
c'est l'île des verriers et toute l'activité artisanale est tournée
vers ce commerce. La ville est cependant charmante, construite comme une Venise
provinciale autour de ses canaux, sans les palais luxueux de sa voisine.
Le
musée du verre, établi dans un prestigieux palais, est intéressant
à visiter pour comprendre l'évolution du travail du verre au cours
des siècles. De belles pièces sont exposées.
Nous
mangeons le long du grand canal, à la trattoria "Ai Fratri" en
face du Palazzo Da Mulà, des spécialités vénitiennes
fort bien cuisinées.
L'île
compte deux églises. Seule San Pietro Martire est ouverte à la visite,
l'autre est en travaux de restauration.
Même
si les boutiques de souvenirs sont omniprésentes dans l'île, il serait
dommage de ne pas prendre son temps pour les regarder et admirer au delà
de la bimbeloterie bon marché, l'extraordinaire variété du
travail des verriers qui rivalisent d'imagination pour créer des oeuvres
originales.
Pour
le retour, nous empruntons la ligne 42 jusqu'à Zaccaria, ce qui nous permet
de longer l'île de San Michele qui abrite derrière ses murs de briques
le cimetière de Venise.

Puis
nous suivons Fondamenta nuove, les quais au nord de la ville, contournons le quartier
de Castello et l'Arsenal, croisons le Lido et parvenons à Zaccaria par
le canal de San Marco.
Petite
halte sur la terre ferme pour visiter l'intérieur de l'église San
Zaccaria et son époustouflante collection de toiles qui tapissent les murs,
notamment la "sainte conversation" de Bellini de toute beauté.
Il ne faut pas manquer la sacristie où l'on aperçoit les mosaïques
du sol de l'église antique et la chapelle d'or avec ses trois retables
du XVème.
Par
la ligne 82, nous regagnons le Tronchetto en passant par le canal de Giudecca
et nous aurons ainsi fait le tour complet en bateau de Venise dans la journée.
Mardi 6 mai 2003
Aujourd'hui
le but de la journée est la découverte de Burano.
Départ
vers 10 heures pour l'embarcadère. L'itinéraire que nous avons choisi
passe par Murano que nous atteignons rapidement par la ligne DM empruntée
la veille. Nous descendons à la station Faro où nous devons changer
de vaporetto et nous montons dans la ligne 13 qui nous amène à Burano
vers midi.
L'atmosphère
de l'île est très différente des autres îles de la lagune.
Les maisons basses, très colorées bordent les canaux étroits
encombrées de barques de pécheurs. Tout semble plus calme, les rues
sont moins agitées que dans Venise et bordées de boutiques où
s'amoncellent les trésors des dentellières que l'on aperçoit
parfois à l'ouvrage dans les arrières boutiques.
Là
encore, il faut prendre le temps de regarder la finesse de certains travaux et
admirer la qualité des ouvrages proposés dans quelques magasins
plutôt que de maudire l'exploitation effrénée du tourisme.
Nous
nous arrêtons à la trattoria "Al Gatto Nero" sur le Fondamenta
Giudecca. Mieux vaut arriver de bonne heure si l'on veut manger en terrasse, ce
qui est le plus agréable dans ce décor de maisons multicolores au
bord de l'eau. La cuisine est excellente et les spécialités vénitiennes
sont succulentes.
Retour
par Murano. Le vaporetto pour Ferrovia, P.Roma et Tronchetto étant archibondé,
nous préférons prendre un "Diretto San Marco", traverser
Venise jusqu'au Rialto en musardant devant les boutiques luxueuses du centre ville,
et embarquer sur le 82 qui nous ramène à bon port.
Mercredi 7 mai 2003
Dernier
jour à Venise.
Notre
billet de vaporetto étant valable jusqu'à dix heures, nous démarrons
pour 9 heures, ce qui nous arrange bien puisque nous avons prévu deux visites
importantes: l'église I Frari et la Scuola Grande di San Rocco dans le
quartier de S.Polo.
L'intérieur
de I Frari est un amoncellement déroutant de monuments et de tableaux impressionnant.
On y trouve la tombe de Claudio Monteverdi.
La
Sculoa Grande renferme les oeuvres du Tintoret, dont une toile exceptionnelle,
sans doute la plus belle oeuvre de l'artiste qui occupe tout le fond de la salle
de l'Albergo: "la crucifixion du Christ".
Pour
midi, nous retrouvons la Trattoria di Ignazo, sympathique restaurant dans lequel
nous avions déjà eu l'occasion de manger lors d'un de nos précédents
séjours, particulièrement agréable en raison de l'installation
des tables dans une arrière-cour sous un ombrage végétal.
Notre
dernière après midi dans la lagune est un peu nostalgique car il
est difficile de quitter ce monde si particulier de Venise. Au hasard d'une calle,
nous négocions un petit tour en gondole, histoire de céder à
la tradition.
Que
penser des gondoles et des gondoliers?
D'abord
avant de mépriser le touriste béat qui se fait arnaquer pour un
petit quart d'heure de bonheur vendu au prix d'un bon repas pour deux dans un
restaurant, il faut se dire deux choses: La gondole est en soi un objet exceptionnel,
prestigieux et s'y asseoir, toucher son bois, admirer sa finition est déjà
merveilleux. Ensuite sillonner Venise au ras de l'eau en s'étonnant de
l'habileté des gondoliers dans les petits canaux, donne un point de vue
sur la ville très différent de celui du marcheur.
Et
puis au diable, marchandez un peu le prix et choisissez un moment sans affluence
et cela deviendra abordable!
A
17 heures nous traversons le grand pont qui nous ramène sur le continent
et nous reprenons la route vers Senones.
Jeudi 8 mai 2003
Nous
nous réveillons à la station "Gottard Raststätte".
Nous
avons passé le tunnel du Gothard en fin de soirée sans difficulté,
mais les stations suisses depuis Chiasso sont surpeuplées de poids lourds
et il n'est guère envisageable d'y trouver un coin tranquille pour se reposer.
Heureusement
à la station "Gottard Raststätte", une partie réservée
aux véhicules de tourisme ne peut pas être colonisée par les
poids lourds et il est possible d'y stationner pour une durée n'excédant
pas 15 heures.
Chaque
année depuis maintenant six ans, nous nous rendons à Venise à
l'occasion d'un week-end prolongé. Nous avons vu la ville sous de nombreux
aspects en des saisons très différentes comme au moment de l'acqua
alta. Il faut beaucoup de temps et de séjours pour découvrir le
charme de la cité lagunaire.
Il
est certain que nous ne nous en lassons jamais, et qu'à chaque fin de voyage
nous n'avons guère qu'une idée en tête: y retourner le plus
vite possible.
 |